Passage
Frédéric Le Junter


Samedi 15 Septembre
Dimanche 16 Septembre
En continu de 8h à 10h et de 15h à 19h _ départs toutes les 6 mn

Capdenac-Port / Lieu-dit Barry de Vic
Rive droite du Lot, à l’entrée de l’écluse

AU FIL DE L’EAU...
Dans le cadre des Journées du Patrimoine, nous vous invitons à découvrir deux projets pour lesquels nous avons invité des artistes à se saisir du territoire et notamment de la rivière Lot, de ses berges et de ses personnages en faisant de leur présence un temps d’échanges et de travail avec les habitants.
Ces deux commandes artistiques, Passage de Frédéric Le Junter et l’Exposition en bande dessinée de Guillaume Guerse et Marc Pichelin, sont développées dans le cadre de L’Itinéraire artistique et culturel en Vallée du Lot.
Tenue vestimentaire ! : porter pantalon ou short (robes et jupes inapropriées) + lampe frontale ou de poche pour les visites en fin d’après-midi.
Une buvette avec parasols sera mis à votre disposition à l’entré du site.

Frédéric Le Junter est un artiste atypique dunkerquois travaillant au croisement de la musique, des arts plastiques et du spectacle vivant. Vous avez pu le découvrir lors de la dernière édition de l’Autre festival pour un concert Masses et une exposition de machines sonores Paysages portuaires, présentée dans des containers de la zone industrielle. Parallèlement à ces accueils, nous l’avons invité – au cours de la saison 2011 – à créer une oeuvre à la dimension de l’écluse souterraine de Capdenac. Véritable monument de l’ère de la navigation sur le Lot, cette écluse souterraine est un élément incontournable du patrimoine de la Vallée du Lot. Assez peu connu sur le territoire, ce tunnel de navigation n’aura guère le temps de voir sa popularité grandir, car son accès sera fermé au cours de l’année 2012. Aussi, pour prendre le temps de pénétrer et traverser une dernière fois l’imposant tunnel, y découvrir l’oeuvre de Frédéric Le Junter, ressentir la force des flux et l’impressionnante énergie de l’eau, nous vous invitons pour un passage dans l’écluse et une (re)découverte de ce lieu dans une installation visuelle et sonore spécifique et unique, mettant en évidence et amplifiant ses énergies.
Sur une proposition de Derrière Le Hublot.

Artiste accueilli en résidence du 6 au 8 mars, du 28 août au 5 septembre et du 10 au 16 septembre.

Création accueillie avec la collaboration de la Direction départementale des territoires du Lot, la mairie de Capdenac-le-Haut, le club alpin de Figeac,l’Office de tourisme du Pays de Figeac.

>>La musique vue par Frédéric Le Junter « Vers l’âge de 5 ans, j’ai été impressionné par les sons du port de Dunkerque, par la matière visuelle de ces immenses installations. Au même moment, je me suis mis à construire des objets en volume, en partant du carton et d’objets trouvés. Mon premier poste de radio, en 1967, me fait découvrir les groupes anglais de guitares saturées, c’est là que j’accroche avec la musique.
A 28 ans, en 1984, j’ai recommencé le bricolage, et j’ai réuni différents champs qui m’occupent : la lutherie, la musique, la mécanique, les objets trouvés dans une première machine sonore. J’aime fabriquer des outils et des instruments sommaires qui ne me permettent pas une virtuosité mais plutôt de l’instabilité, des surprises, avec lesquels je pratique l’improvisation. » Frédéric Le Junter

>> Frédéric Le Junter : son parcours

« Frédéric Le Junter, créateur génial et loufoque de « machines sonores », invente depuis 1984 des instruments de musique d’une facture originale au sens plein du terme : petits objets sonores faits de morceaux de bois, de pots de plastique, de ferraille, de coquillages, de soufflets. Ses automates, carillons, assemblages inattendus lui permettent d’inventer une néologie musicale développée, au fil de ses nombreuses collaborations avec Pierre Bastien, Angelin Preljocaj, Pascal Contet ou Jérôme Noetinger.
La sculpture sonore révèle chez lui ses multiples ressorts poétiques dans lesquels le chaos retrouve un droit de cité au même titre que l’aléa, l’humour, l’accidentel, l’étrange - une esthétique où coexistent intimement primitivisme et sophistication. »

« En 1984, j’ai commencé à construire des instruments (cordes, vents, percussions), avec des objets trouvés, et je me suis aussitôt intéressé à la création des machines mécaniques qui allaient en jouer. J’ai peu à peu constitué un vocabulaire de sons qui m’a conduit à envisager la musique comme un paysage. Dans les lieux d’exposition, j’ai montré les machines sous forme d’installations automatiques et j’ai aussi donné des concerts en partie improvisé avec mes propres instruments, accompagné par les machines sonores. Installations et concerts en France, Belgique, Allemagne, Hollande,depuis 1985.

En 1992, j’ai réalisé et joué un spectacle d’actions sonores sur un ensemble de machines musculaires Fabriek (mise en scène Jacky Lautem). Dans ce projet, j’ai cherché d’autres rapports entre le mouvement et le son ; j’ai utilisé les mouvements quotidiens du corps pour générer des sons grâce à des outils, ustensiles, prothèses. Tournée en France, Belgique, Allemagne.

Parallèlement, avec Pierre Berthet (Prix de Percussions de Bruxelles) je travaille au développement de matières sonores instrumentales dans la durée, et dans un registre très différent sur des chansons, faites de bribes de texte assemblées comme des objets trouvés, en conservant les traces et les accidents. Après une série de concerts commencée en 1989, nous enregistrons en 1994 un CD pour le label du CCAM de Vandoeuvre les Nancy.

En 1995, j’ai commencé une nouvelle série de 35 machines sonores. Dans cette série j’ai joué davantage avec la production aléatoire du son. L’ensemble s’est developpé ces dernières années en plusieurs orchestres indépendants : le carillon, les discrètes, l’axe, les grandes berces du Caucase...

Cette même année, j’ai présenté une installation visuelle, T.V. Povera ! à l’ARIAP à Lille. J’utilisai la programmation télévisée des chaines hertziennes diffusée par 12 moniteurs et en projetai des fragments sur les murs au travers de lentilles optiques. Les images morcellées devenues abstraites recomposaient une unité inattendue et un nouveau sens.

Parrallèlement, j’ai développé une installation à manipuler Balancements, comportant une quarantaine de pendules se balançant en frottant les cordes d’autant de guitares électriques. La pièce, d’une durée de 30 minutes - préparée par quelques jours de répétition - a été jouée par un groupe d’une douzaine de personnes à Antwerpen (Belgique). Elle a été reprise par d’autres groupes en France et en Belgique, Hollande.

En 1997, je développe les actions sonores en créant le s.GAS.p : un groupe de gens, novices pour la plupart, est invité à jouer une suite d’actions sur une installation composée principalement de deux rues de guitares et de deux manèges (musiciens invités pour l’encadrement : Xavier Charles et Jérôme Jeanmart).

Je m’associe aux mêmes musiciens pour former le groupe Silent Block, pour faire une musique-matière improvisée, jouée sur des instruments amplifiés et fabriqués à la maison ; création au festival Musiques Actions de Vandoeuvre les Nancy. Musique du court-métrage de Kamel Maad A l’Ombre du Bruit, commande pour le 80ème anniversaire de la Bataille de Verdun.

En 2000, je recommence à travailler les mouvements de lumières : des mécaniques dessinent dans un bac à sable transparent posé sur un rétroprojecteur ; le dessin se fait en lumière sur l’écran ; des trames font apparaitre des tâches de lumière aléatoirement. Je recommence aussi à jouer seul mes chansons impopulaires accompagné de mes boites à rythme mécaniques pour le festival mimi.

Courant 2001, je développe une 3ème série de machines sonores, de très petites dimensions pour le moment perpétuel, concert solo de matières sonores improvisées. Des caméras montrent des gros plans des phénomènes aléatoires tendant vers l’abstraction. » Frédéric Le Junter